Mode d’emploi

Dicter ses e-mails sur Android

Le mail est l’écrit que tout le monde repousse, parce que taper trois paragraphes au pouce est un supplice. La dictée règle la vitesse. Le reste consiste à savoir ce qu’elle fait à ton ton.

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Pourquoi le mail est le candidat évident

L’écriture sur téléphone est courte presque partout. Une réponse, un message, une recherche. Le mail fait exception : c’est là qu’on attend de toi de vrais paragraphes, sur l’appareil le moins fait pour en produire.

La file d’attente se forme donc toute seule. Des messages auxquels tu répondras correctement plus tard, depuis un ordinateur, ce qui devient demain, ce qui devient un retard que tu redoutes.

Parler supprime entièrement le goulot physique. Trois paragraphes prennent environ quatre-vingt-dix secondes à dire et une bonne dizaine de minutes à taper au pouce. Cet écart est toute la raison de s’y mettre.

Un mail dicté sonne différemment, et souvent mieux

La crainte habituelle est que la dictée te fasse paraître peu professionnel. En pratique, c’est plutôt l’inverse qui se produit.

Le mail tapé dérive vers la formule et le remplissage, parce que taper est lent et qu’on va chercher des tournures toutes faites pour occuper la place. « Je reviens vers vous suite à mon précédent message. » « Vous trouverez ci-joint. » « En espérant que ce message vous trouve en pleine forme. » Personne ne parle ainsi.

Le mail dicté ressort plus proche de la façon dont tu expliquerais la chose à ton interlocuteur s’il était devant toi : plus direct, plus concret, plus court. Pour la plupart des échanges professionnels, c’est une amélioration et non un risque.

Le vrai risque est ailleurs.

Là où ça dérape

La longueur. Parler est facile, donc tu en dis plus que tu n’en aurais écrit. Un mail dicté fait souvent plus long que nécessaire, et le destinataire le remarque.

La structure. Tu ne vois pas le message pendant que tu le produis, donc les sauts de paragraphe tombent mal, la demande arrive à la fin au lieu du début, et l’ensemble se lit comme un monologue.

Les noms. Noms de famille des collègues, noms de clients, noms de produits, sigles. Ce sont les mots les plus susceptibles de sortir faux, et les plus gênants quand ils le font, parce que la personne lit son propre nom mal écrit.

La ponctuation. Les systèmes modernes la déduisent de ton rythme au lieu d’attendre que tu la dises. Juste la plupart du temps, faux à l’occasion, et un point mal placé change une phrase davantage qu’un mot mal entendu.

Une routine de quinze secondes

Dis la demande en premier. Décide la seule chose que tu veux avant de commencer à parler, et dis-la dans la première phrase. Cette habitude à elle seule règle l’essentiel du problème de structure, parce que le reste du message a dès lors quelque chose autour de quoi s’organiser.

Parle en phrases complètes et fais une pause entre elles. Cela donne au système le rythme dont il se sert pour poser la ponctuation, et cela t’empêche de produire une seule phrase de quatre-vingt-dix mots.

Relis avant d’envoyer. Pas pour les fautes de frappe, pour la longueur et pour les noms. Coupe le paragraphe que tu as ajouté parce que parler était facile. Vérifie chaque nom propre.

Cette dernière étape est celle que les gens sautent, et c’est la seule qui ne soit pas facultative. Un mail part vers de vraies personnes et reste dans leur boîte.

Ajoute les noms qui reviennent, une fois pour toutes

Puisque les noms sont la panne principale, traite-les de front au lieu de les corriger éternellement.

Si ton clavier permet d’ajouter du vocabulaire, inscris une bonne fois tes collègues, tes clients, tes produits et tes sigles. LocalType range ces mots sur l’appareil et les transmet au modèle vocal comme contexte, si bien qu’ils commencent à arriver bien orthographiés au lieu d’être approchés par quelque chose qui sonne pareil. Ils améliorent aussi les suggestions de frappe, puisqu’une seule app s’occupe des deux.

Cinq minutes de préparation suppriment la raison la plus courante pour laquelle les gens abandonnent la dictée dans leur correspondance de travail.

Ici, le lieu de la reconnaissance n’est pas un détail

Les messages personnels sont une chose. Le mail professionnel est régulièrement l’écrit le plus délicat que quiconque produise sur un téléphone : salaires, contrats, problèmes de clients, rendez-vous médicaux, choses couvertes par un accord que tu as signé.

Avec une dictée en ligne, cet audio est transmis à un serveur pour devenir du texte. C’est ainsi que l’architecture fonctionne, et pour beaucoup de gens et beaucoup d’employeurs c’est parfaitement acceptable.

Avec LocalType il n’est pas transmis, parce que le modèle vocal est un fichier sur ton téléphone qui travaille sur place. Il n’y a aucun envoi, aucun compte rattaché au clavier, aucune publicité dans le produit et aucun pistage à l’intérieur. Aucune archive de tes enregistrements n’est conservée, puisque l’audio devient du texte et qu’on en a fini avec lui. Les données de l’app sont volontairement exclues de la sauvegarde cloud d’Android, et le modèle est rangé dans un stockage privé que seule l’app peut lire.

Une limite qui compte, et elle vaut aussi pour nous. Une fois les mots dans ton client de messagerie et une fois que tu appuies sur envoyer, ils relèvent de ce client et de ton fournisseur. La part du clavier s’arrête au moment où le texte apparaît dans le champ, exactement comme si tu l’avais tapé.

Dans les champs de mot de passe, la dictée se coupe d’elle-même, ce qui compte plus qu’on ne le croit sur un téléphone où les apps de messagerie et les écrans de connexion se côtoient.

Ça marche aussi quand ta messagerie ne marche pas

On répond à ses mails dans des endroits difficiles : un tunnel, un avion, un hôtel au Wi-Fi hostile.

Comme rien n’est demandé nulle part, la dictée continue dans tous ces cas. Tu composes la réponse maintenant et la messagerie l’enverra au retour de la connexion. L’accès à internet est réclamé pour une seule chose, aller chercher le modèle vocal que tu as choisi, et plus jamais ensuite.

La taille du modèle mérite une pensée pour cet usage. Les messages longs privilégient la justesse plutôt que la vitesse, donc le réglage par défaut de 190 Mo ou l’option à 539 Mo ont plus de sens que celui de 60 Mo, sauf si ton téléphone manque de mémoire. Sur un appareil de test à 4 Go de mémoire, la taille du milieu a mis 4,1 secondes à écrire 6,9 secondes de parole.

Signatures, citations et le désordre en dessous

Le curseur est le problème ici, pas la reconnaissance.

Un mail sur téléphone est plein de texte que tu n’as pas écrit : une signature, le message cité auquel tu réponds, parfois une mention légale. La dictée dépose les mots là où se trouve le curseur, et sur un petit écran le curseur est facile à égarer, donc il est tout à fait possible de livrer deux paragraphes soignés au milieu du texte cité de quelqu’un d’autre.

Deux habitudes l’évitent. Touche le corps du message et vérifie que le curseur se trouve au-dessus de ta signature avant de commencer à parler. Et après une longue dictée, remonte pour relire au lieu de te fier à l’aperçu.

C’est la façon la plus courante dont un mail dicté part en donnant l’air d’avoir été bâclé, et elle n’a rien à voir avec la qualité de la reconnaissance.

Quatre habitudes qui font le travail

La dictée rend le mail plus rapide et légèrement plus long. Dis la demande en premier, parle en phrases, inscris une fois les noms de tes collègues, et relis avant d’envoyer.

Fais ça et le retard cesse d’être un retard, sans que rien ne quitte ton téléphone en chemin.

Une dernière suggestion. Essaie d’abord sur les messages qui t’inquiètent le moins, les confirmations de routine et les réponses courtes, plutôt que sur le message difficile que tu évites depuis une semaine. Tu apprendras où le système te comprend mal sur des écrits sans enjeu, et quand tu arriveras au message difficile l’habitude sera déjà là.

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